Exposition : Langage figuré – Autour de Jules Gros
Exposition sonore et plastique de Gabriel Kerdoncuff et Olivia Blondel autour des textes de Jules Gros
Du 17 octobre au 3 janvier, le Domaine départemental de la Roche-Jagu met à l’honneur le langage parlé du Trégor à travers une exposition conçue par la plasticienne Olivia Blondel et le réalisateur Gaby Kerdoncuff. En s’appuyant sur les travaux du linguiste trégorois Jules Gros, les deux artistes tissent un dialogue entre mots et paysages.
Me a anavez ar herreg toud a-bouez o anoiou
Je connais tous les rochers par leurs noms
Autour de l’œuvre du linguiste trégorois Jules Gros, la plasticienne Olivia Blondel et le réalisateur Gaby Kerdoncuff proposent un voyage dans le langage parlé du Trégor, et en particulier celui de Trédrez-Locquemeau.
Souvent ancrée dans ses paysages, cette langue s’incarne dans tous les registres : poétique, cru, direct ou plus allusif, souvent très imagé. Sa dynamique, dont les ouvrages de Jules Gros gardent la trace, est encore aujourd’hui portée par des locuteurs bretonnants.
Ce langage figuré, comme il se plaisait à l’appeler, est ici le point de départ des dessins, peintures et encres présentées, en prenant le parti d’en évoquer les territoires, entre terre et mer. Mots et expressions populaires se révèlent en symbiose avec les œuvres.
Une proposition mettant en lumière la beauté de la langue et qui, plus universellement, souligne son pouvoir d’évocation, étroitement lié à ses lieux d’existence.
Jules Gros
Jules Gros était un lettré et chercheur dans la lignée des François-Marie Luzel, François Vallée, Charles Le Goffic, Yves Berthou ou Anatole Le Braz dont il fut l’élève. Il naît à Paris en 1890 de bretons immigrés originaires de Trédrez-Locquemeau. Il entre à l’école communale à 5 ans, il ne parle que breton et va subir l’interdit de sa langue et les brimades de l’enseignant. Il retourne à Paris à l’âge de 7 ans et demi et ne revient à Trédrez que deux ans après en compagnie de sa mère. Les 2 années passées à la capitale lui ont fait perdre la pratique du breton. À son arrivée au pays, il tarde à répondre à sa grand-mère qui ne comprend pas son silence et fond en larmes. Jules Gros et sa grand-mère vivront cet éloignement comme un choc traumatique qui explique en partie le fait qu’il consacrera sa vie aux langues et en particulier à la langue populaire bretonne.
Olivia BLONDEL
Les pratiques de l’image d’Olivia Blondel articulent différentes matières et techniques, dans des compositions picturales se développant par séries et polyptyques, mêlant peintures, collages et dessins. Sa démarche compose représentations urbaines et paraboles architecturales ; elle interroge un temps le portrait, puis plus globalement la figure et son lieu d’inscription. La littérature, la musique et la pratique photographique sont également des déclencheurs visuels. Cette mémoire vive d’images est le creuset principal de ses recherches, lorsqu’elle interroge relations entre architecture et mémoires, histoire individuelle et histoire collective, identité et mythes. Les techniques mixtes, où peinture, collage et dessin s’entremêlent, resteront jusqu’en 2004 son mode d’expression privilégié. Une expérience du dessin archéologique en Jordanie sera décisive pour la suite, tout comme sa découverte de différentes provinces italiennes, où elle voyage de façon récurrente entre 2006 et 2019. Elle commence à travailler l’encre et l’eau, les paysages et ses géographies.
Parallèlement, elle enseigne les Arts plastiques à Saint-Denis depuis 1998 et développe des projets d’expositions, lors des ateliers portes ouvertes, mais aussi dans une galerie associative de Belleville où chaque accrochage s’accompagne de moments de lectures de textes, de concerts ou de projections vidéo. Elle rencontre alors de nombreux artistes, toutes disciplines confondues, et participe à des performances musicales notamment, tant en musique contemporaine qu’en musiques du monde.
De retour en Bretagne en 2019, Olivia Blondel découvre les contrastes et les lignes du Trégor dont elle cherche à capter les entrelacs et la ponctuation. Gestuelle et lumière sont alors au centre des images, entre représentation, évocation et abstraction. Déjà observé ailleurs, elle retrouve, dans sa découverte des cultures bretonnes, le rapport endémique du langage d’un peuple à son territoire.
Elle rencontre Gabriel Kerdoncuff en 2023 qui lui propose un projet autour des travaux du linguiste Jules Gros.
Gaby Kerdoncuff
Musicien, compositeur, réalisateur et pédagogue (bombarde, trompette)
Sonneur de bombarde dès l’âge de 9 ans, il se forme auprès des maîtres du Kan ha diskan du Centre-Bretagne avant de devenir l’un des pionniers du mélange entre musiques bretonnes et musiques du monde (Balkans, Moyen-Orient). Il est membre fondateur de RADIO KREIZ BREIZH, Co-fondateur avec Erik Marchand de DROM, il signe plus de 25 albums en tant que compositeur, arrangeur et producteur, Kazut de Tyr, , Dengekan, La coopérative, Jabadao, Fawaz Baker, Gysy Burek Orkestar et d’innombrables participations avec Roland Becker, Skolvan, Erik Marchand et le tarif de Caransebes, Termajik, Gwerz…). En parallèle, il développe une carrière de réalisateur de documentaires et courts-métrages musicaux depuis 1987 (BBC Scotland, S4C Wales, clips). Ses films explorent les racines orales des cultures populaires et les liens entre musique, mémoire et identité. Il crée des projets hybrides alliant musique, images et transmission.
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Infos. pratiques
- Du 17 octobre au 3 janvier 2027 (ouvert du dimanche au jeudi 14h – 17h30 et tous les jours pendant les vacances de la Toussaint et de Noël)Plein tarif 5,50 € | Tarif réduit 4 €Visite flash de l'exposition tous les jours à 14h30